Critiques du film: Un prophète
    Un prophète
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    Un prophète
    Franck
    Le 22/11/2009
    86 critiques
    Audiard nous livre là un film sur la prison qui reste à la fois sobre, sans nous épargner quelques scènes difficiles (cf. la scène de l'égorgement avec la lame de rasoir par exemple), l'enfermement, la solitude, l'isolement... Bien sûr, on a affaire à une histoire romancée, celle de ce jeune qui part de rien et qui va réussir par la ruse, le "courage" (tant et si bien que l'on puisse employer cet adjectif), et les rencontres (bonnes ou mauvaises).

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    lodebo
    Le 06/09/2009
    2 critiques
    Carcéral réaliste, dérangeant, percutant même, ce film peut donner au spectateur un sentiment de KO (chaos) et un cafard monstre! La trajectoire d'un jeune délinquant à l'école du crime de la prison, à l'ombre d'un parrain corse et en conversation avec un fantôme philosophe, nous entraine dans sa peine...

    jeremie747
    Le 09/07/2010
    264 critiques
    Le cinéma d'Audiard me fait toujours la même impression. Cinéaste brillant, il sait mettre à profit un superbe sens du cadrage et une excellente direction d'acteur pour imprimer un rythme pesant et inspirer un malaise intense au spectateur. Il y a aussi beaucoup d'intelligence et de documentation dans son propos. Mais une fois que l'on s'est émerveillé une demi-heure sur son talent, il faut bien que l'on s'intéresse à l'histoire... et c'est là que le bât blesse. Racontant ici l'ascension d'un jeune homme au sein des différentes mafias de détenus dans une prison sordide, le scénario reste assez convenu, très long et modérément crédible. Malgré les excellentes performances des comédiens (Niels Arestrup en tête), Audiard néglige d'inspirer au spectateur le moindre soupçon d'empathie pour ses personnages et il devient vite difficile d'éprouver autre chose que de l'indifférence pour leurs trajectoires et pour un récit dont l'unique originalité est qu'il se passe dans l'univers carcéral. Enfin, le film est construit bizarrement en décrescendo. Après une première demi-heure incroyable de tension et de malaise, "Un Prophète" perd progressivement en intensité et finit sur une demi-heure molle et interminable.

    BIBI62
    Le 06/10/2009
    127 critiques
    La rentrée du cinéma français est lancée!
    Après l'excellent drame intimiste "Partir" de Catherine Corsini, voici le tant attendu nouvel opus de Jacques Audiard, auréolé de son récent (et mérité) Grand Prix à Cannes.
    A priori le sujet n'est pas forcément attirant, de plus 2h30 en compagnie d'un prisonnier, l'univers de la prison avec ses habitudes, ses caïds, ses bandes organisées...! et pourtant! quelle leçon de cinéma nous est offerte ici, une maestria technique et narrative qui nous scotche souvent sur notre fauteuil, le tout est à la fois sobre, nerveux, d'un réalisme brut qui glace et choque même parfois.
    L'itinéraire de cet enfant -pas- gâté à son arrivée en prison, obligé de tuer pour survivre (scène très angoissante du meurtre dans la cellule!), de devenir l'esclave d'un chef de "mafia" corse, et qui, à force d'intelligence, va prendre les rênes et s'affranchir jusqu' à faire chuter les soi-disant plus forts que lui, ou "Regarde les hommes tomber" par "Un héros très discret" pour reprendre deux titres du même auteur!
    Aucun des personnages décrits ici n'est sympathique, soit de simples voyous, soit d'odieux profiteurs et magouilleurs, et pourtant on "s'attache" à eux, grâce surtout à une direction d'acteurs magistrale.
    En premier lieu le débutant (28 ans quand même!) et inconnu au cinéma Tahar Rahim, jeune acteur absolument irradiant, charismatique, électrique, il compose un personnage complexe, au départ simple mouton, innocent (avec son regard d'enfant, Audiard d'ailleurs l'a choisi aussi pour çà, "il a rien de tragique en lui"), jeté dans une meute de charognards, il va devenir lui-même un loup prêt à tuer pour sauver sa peau, mais aussi pour prendre lui-même le pouvoir, se libérer, à force de volonté et d'observation, évoluant à la fois physiquement et moralement, à la fois ange et démon, doux et violent, il est d'une justesse confondante, vraiment exceptionnel, un futur grand, gageons que le César lui tende les bras!Et même si Christoph Waltz dans le dernier Tarantino est très bien, le Jury aurait pu lui préférer Tahar Rahim, dans un rôle beaucoup plus étendu!
    A ses côtés, en parrain corse,le toujours impressionnant Niels Arestrup est grandiose de malice et de colère, à la fois persécuteur blasé et "monstre" protecteur, avec son physique superbe, son regard de tueur mais aussi rempli de lassitude et de mélancolie désespérée qui apporte beaucoup au personnage. Leurs face-à-face sont d'une force époustouflante, comme la scène où il éructe de rage envers son jeune "protégé" ("si tu manges, si tu respires, c'est à cause de moi...").Deux grands comédiens, l'expérience du vieux routard et la fraîcheur du débutant surdoué !Le talent à l'état pur!
    Tous les seconds rôles sont criants de réalisme et de force tragique, à l'image de son "frère de prison", Ryad, malade et trafiquant de drogue, interprété par un excellent Adel Bencherif.
    Ce qui fait la force de ce film de genre(s), à la fois film noir, thriller, mais aussi histoire de trahisons, de manipulations,de transmission, à travers ces différentes communautés qui cohabitent, c'est aussi son mélange de scènes très réalistes, limite documentaire, notamment par sa manière de peindre l'univers carcéral si particulier, et à la fois son côté romancé, parfois poétique, comme avec le rêve prémonitoire des biches sur la route, parfois à la limite du surnaturel, comme avec toutes ces scènes où Malik parle au fantôme de sa victime sacrifiée, finalement son seul "compagnon pour la vie", lui qui le hantera définitivement, comme un boulet qu'il va traîner dan sa tête.
    Cette incursion onirique apporte au récit toute la force romanesque et cinématographique nécessaires pour nous captiver et nous faire rentrer en immersion dans ce milieu souvent étouffant, dont on ressort un peu ébranlé.
    Un récit initiatique percutant, dur, violent, au réalisme saisissant, et surtout du cinéma puissant, efficace et superbement maitrisé.


    MA NOTE: 16/20

    Site web:  http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
    Luocine
    Le 19/03/2010
    16 critiques
    C'est horrible !! mais si bien jouée et si proche de la réalité. J'ai été complètement bouleversée par ce film , j'ai mis une journée entière à évacuer les images.

    Site web:  http://luocine.over-blog.com/
    Luocine
    Le 30/03/2010
    16 critiques
    C'est un excellent film, mais pas regardable pour moi, j'ai fermé les yeux les 3/4 du temps à cause de la violence. Paradoxe, oui mais pourtant je suis contente de l'avoir "vu" parce que je pense que la vie en prison doit être très proche de ce qui est montré dans le film.

    Site web:  http://luocine.over-blog.com/
    abuikhac
    Le 07/09/2009
    4 critiques
    Un film poignant et un Tahar Rahim qui mérite tous les oscars du monde!
    Il incarne à la perfection chacune des facettes que son personnage prend au fil du film. Du petit voyou au charismatique personnage de la fin. Impressionnante prestation.

    Abdou
    Le 10/09/2009
    2 critiques
    Ah enfin un film juste! Bien joué, émouvant...
    Quelques éléments romancés, quelques plans à la lynch...mais quand même vraiment fin. A voir.

    cinefilius
    Le 25/08/2016
    0 critique
    Un Prophète aborde avec finesse tous les problèmes que connaissent beaucoup de prisons françaises : montée en puissance de l’islamisme, interpénétration d’agents mafieux et islamistes, communautarisme de la délinquance au sein même des prisons, corruption de l’encadrement carcéral et judiciaire, etc…, etc…. Tout ceci autour d’une histoire assez captivante. Assez seulement. Car si l’intrigue de Jacques Audiard est extrêmement bien ficelée, et les acteurs remarquables, le film cependant, souffre pendant près d’une heure et demi, d’un manque de dynamisme. Un dynamisme qui ne débute franchement qu’après une heure-et-demi de choses certes intéressantes, mais racontées au ralenti. Une heure trente d'ennuie sporadique plus une heure trépidante, laissent une impression d'ensemble un peu lourdingue, tout de même. Une comparaison intéressante peut-être faite avec "Made In France" dont certains thèmes ré-apparaissent mais avec une mise en scène bien plus dynamique.

    Site web:  http://nationassgifgraphics.com/film/22179/un-prophete
    busyblogs
    Le 07/09/2009
    5 critiques
    SUJET DELICAT, FILM FACILE
    Critique publiée par le blog Le Cinéma pour tous

    Evènementiel, grandiose, l'un des meilleurs films français de ces dix dernières années et sans aucun doute le meilleur film de prison qui ait été réalisé, peut-on lire quasiment partout. Une unanimité élogieuse qui cache cependant, à l'évidence, une manipulation politique. Car Un prophète est avant tout l'occasion aux politiciens refroidis par leur côte de popularité d'étaler leur attachement à une oeuvre qu'ils qualifient d'emblée comme humaniste. Le film d'Audiard est, comme on l'attendait, un extrait d'une réalité carcérale dénuée d'angélisme et de poésie. Comme prévu, Audiard filme avec la hargne qu'on lui connaît, avec un montage sec et coupant, la merde qui grouille sous les barreaux froids des prisons.

    Malheureusement, à n'importe quelle issue empruntée, Un prophète échappe à toute forme de jugement. Parce que le film est réel, s'est vendu et a été propagé comme tel, et que sans être déçu, on ne peut que taire les commentaires. La mise en place d'un art objectif chez Audiard le déconnecte de toute atteinte critique, ainsi son prophète ne peut être perçu que pour ce qu'il est, et en cela on ne nous ment pas sur la marchandise. Pourtant ce film (en est-ce un?), aussi remarquablement développé et technique soit-il, laisse de marbre ; parce qu'il est impossible au cinéma de dégager à ce point si peu d'émotion, juste un dégoût échappé des bouches nauséabondes du réalisme. Oui Un prophète est une fiction, ou plutôt il est un dossier expérimental camouflé en fiction, en tout cas assurément pas un documentaire (qu'apporterait-il à titre informatif dans ce cas?). Bien qu'à part l'expérience d'immersion, Audiard ne défende ici aucune approche quelle qu'elle soit : ni politique (absence de regard), ni artistique (absence de parti pris esthétique si ce n'est celui de ne justement rien faire). Et à ne rien défendre, le film fait justement l'effet (voulu) d'une prison à laquelle on n'échappe pas. Considérant que certains criminels en prennent pour dix ans, le spectateur de ce film pourrait bien en prendre pour 2h30!

    Mais que la construction soit joliment ponctuée, soit, que les acteurs soient bons, on l'accorde, mais au fond, à force de qualités, le film n'en demeure pas moins un mystère de neutralité, un film malsain parce qu'il défend deux faces d'une même pièce sans jamais avoir à départager. Le potentiel humaniste sur la banlieue a été saisi et rendu dans un engagement commercial (que le film se plante au box-office ou pas, il aura marqué les esprits), et non pas par le film lui-même. Jacques Audiard n'a fait qu'étaler l'abject quotidien des criminels enfermés sans jamais poser une question. Son film aura gagné à être irréprochable, si ce n'est qu'il est deux fois trop long à mes yeux ; car oui, 1h15 ou 7h50 ne changent rien au projet, la sensation reste la même, celle d'un enfermement dénué d'interêt pour le spectateur, celle d'une interrogation qui ne vient pas et d'une esquive agile concernant la condition esthétique d'un film populaire voué à n'être qu'accessible.

    Un prophète est un film violent, bien fait, trop long sans même être véritablement ennuyeux. Echappant à toute forme de critique en ayant opté pour un choix de mise en scène et de scénarisation idéale, j'en profite pour reprocher au film ne fait de ne pas être critiquable et de se cacher derrière un bouclier pour éviter les projectiles qui fusent. Même l'idée, fragilement avancée un moment, d'une prison qui donne à l'homme son éducation et son avenir alors qu'elle est censée ne rien lui transmettre d'autre que l'ordre et la raison, même cette idée à la base de tout questionnement, reste enfouie sous les barreaux.

    Creusée un peu la tambouille d'Audiard, on s'aperçoit vite que le film ne repose sur rien d'autre que son sujet. L'empire bâtit nous paraît évidemment crédible parce qu'il est réaliste, mais il ne faudrait pas prendre l'habitude de demeurer admiratif à partir du moment où un film réaliste va jusqu'au bout, tout simplement parce que, loin du cinéma émotionnel, artistique, il ne vit de rien d'autre que de la puissance marketing qui le soutient et d'une objectivité qui met tout le monde d'accord. Un tabou quand on sait qu'il s'agit d'un film d'auteur sur lequel tout le monde se sera accordé qu'il mérite ses entrées pour cette simple raison qu'il appartient à la famille 'auteur'. Mais à sujet délicat, Jacques Audiard a malheureusement livré la solution facile, accordable à tous. Un choix pertinent pour ce qui est de l'engouement politique qu'il va dégager, mais une terrible faiblesse stylistique dans le cas du cinéma, que l'on se doit de préserver par la subjectivité des regards qui amène à un possible débat, ce qu'Un prophète évite constamment. Quant à Tahar Rahim, quitte à émettre une réserve, autant l'émettre jusqu'au bout ; il ne mérite en rien toute cette ribambelle d'encouragements car, pour naturel qu'il est, son rôle n'en demeure pas moins qu'une simple présence, et justement pas un rôle.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/moncinemamesfilmsmonart-239111-un_prophete.htm
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