Critiques du film: Les Huit Salopards
    Les Huit Salopards
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    Les Huit Salopards
    le_Bison
    Le 17/10/2017
    157 critiques
    Dès les premières images, je me retrouve immergé dans une tempête de neige, le majeur gelé, pas facile de tirer sur la gâchette. Des flocons de neige épais et lourds s’amoncellent sur mes épaules, poids mort à transporter aussi chargé que ma conscience. Une diligence s’approche. Elle essaye de filer à toute berzingue, vitesse démesurée pour une calèche. Pourtant, je la vois de loin, l’observe longuement. Comme hypnotisé par un générique de film. Elle s’arrête devant moi. A son bord, un gars méfiant et une Dame emmenottée. Je dépose mon flingue, question de confiance ; le type n’a pas l’air commode, la nana plutôt folle sanguinaire avec ses dents en moins et à force de mandales reçues en pleine poire. Ils vont plus loin, avant de n’être emportés par la tempête. Pas de place pour moi, l’ami… Je reprends ma route, on the road again. Sur une route enneigée, le pas de plus en plus lourd.

    Une auberge au loin, relais routier pour chevaux fatigués, de la fumée qui sort de la cheminée. Me réchauffer les miches, ce blizzard du Wisconsin me gèle bien plus que le majeur. Déclouter la porte pour l’ouvrir. Reclouter la porte pour la fermer. Étrange sensation que cette première incursion dans l’odeur d’un pot-au-feu maison. A l’intérieur, d’autres types. Tout aussi patibulaires. Je note, un cow-boy, un colonel en retraite, un chasseur de primes, un mexicain. Pas de trace de la tenancière, pas l’ombre d’une putain non plus. D’habitude, dans mes films de western, il y a toujours une putain qui monte à l’étage pour réchauffer les âmes perdus. Je me sers un café. Ils me regardent tous. Je recrache la sauce. Qui a empoisonné le café. Est-ce le colonel Moutarde, dans la cuisine ?


    Alors pendant ce temps, je les entends parler, bavarder, bavasser, un flot incessant de discussions forcément inintéressantes pour un pauvre type qui n’a jamais rien à dire. Mais j’aime écouter. Chacun cache quelque chose. Je le pressens. Ça pue le traquenard. J’attends simplement le moment où tout va se déclencher. Ça va venir. Comme la jouissance dans le cul d’une putain. Cette giclée éjaculatoire non pas de sperme mais d’un flux sanguin. Imagine un Tarantino sans sang, ça n’a aucun sens. Et j’adore, je jubile, je suis aux anges quand il neige quand le sang gicle quand la neige devient rouge. Tout s’emballe, les flingues parlent à ma place, leur discours est nettement plus intéressant.

    Site web:  http://memoiresdebison.blogspot.fr/2017/08/dans-le-blizzard-dun-western.html
    olivier.demangeon.5
    Le 02/03/2017
    975 critiques
    « Les Huit Salopards » offre tout simplement une nouvelle ronde bien ciblée d’un mélange d’action, d’humour et de violence de la part de Quentin Tarantino, qui en profite pour prouver une prise encore plus forte sur son métier de cinéaste. L’histoire est passionnante, l’intrigue est puissante et évolutive. Les dialogues sont fabuleux et le casting est excellent. Un divertissement qui a la particularité de ne pas se rendre compte de la durée importante de ce métrage.

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-3lV
    aubin.bouille
    Le 06/01/2016
    26 critiques
    Excessivement long le dernier film de Tarantino est également son plus sombre, noir, violent et abouti techniquement au profit de la disparition de son ironie, sa folie et sa dérision.

    Site web:  http://www.justfocus.fr/cinema/critique-les-8-salopards-de-quentin-tarantino.html
    tinalakiller
    Le 18/01/2016
    381 critiques
    Certains d’entre vous doivent le savoir mais je suis une grande fan de Quentin Tarantino. J’ai alors profité de l’occasion qui se présentait pour aller le découvrir en avant-première dans son format d’origine, c’est-à-dire en 70 mm. A l’occasion de l’avant-première (je ne sais pas comment ça s’est bien dans les quelques autres cinémas français qui ont pu diffuser le film dans ce format-là mais chez moi, la soirée organisée était vraiment top), le film avait également droit à une introduction, un entracte ainsi que huit minutes supplémentaires. Le format, qui a été utilisé pour la dernière fois en 1966, permet d’obtenir une image très large (à partir d’objectifs anamorphiques). Je dois avouer que le résultat visuellement (grâce à ce format) est magnifique, l’introduction et l’entracte donnent également un petit plus au film. Je ne vous cache pas que j’ai vraiment été ravie de découvrir Les Huit Salopards de cette manière-là, que je me sens même très chanceuse d’avoir pu participer en quelque chose au délire de Tarantino. Après, pour en rassurer quelques uns, je pense que vous pouvez parfaitement apprécier ce film dans sa version numérique (et donc sans les petits bonus avec), le principal c’est tout le reste ! Je préfère prévenir d’emblée : je suis persuadée que ce film va dérouter beaucoup de gens (pour ne pas dire « détester »). Pour ma part, j’ai énormément aimé ce 8e long-métrage de Quentin Tarantino. Pourtant, sur le moment, je ne savais pas trop en penser. Quand il y a eu justement l’entracte, j’étais en train de me demander si j’aimais ou non. Effectivement, face à un film qui dure tout de même trois heures, on se demande très légitimement si cette durée en question est nécessaire (surtout que la première partie est, comme souvent chez QT, très concentrée autour de dialogues). Mais honnêtement, une fois que j’ai vu l’ensemble (avec une deuxième partie que j’ai trouvée jouissive), j’ai vraiment adoré le long-métrage. Il n’est peut-être pas parfait mais je l’ai trouvé vraiment excellent (ce qui est déjà très bien en soi !). Ce que j’ai trouvé formidable personnellement, c’est de trouver tous les ingrédients tarantinesques, en pensant évidemment à certains films de sa filmographie (on pensera prioritairement à Django Unchained et Reservoir Dogs) mais en même temps je le trouve différent de ses autres longs-métrages.
    Certes, Les Huit Salopards est sur le papier moins « cool » que les autres (je rassure les fans, il y en a quand même) mais en réalisant un film plus sombre, selon moi, Tarantino signe un film plus abouti et audacieux. J’ai toujours aimé les films de Tarantino mais certaines de ses marques avaient quelque chose de gratuit, faut bien l’avouer (même si ça fait le charme de certains de ses films). Là (je l’avais déjà ressenti sur Django Unchained, ici mon impression se confirme), j’ai l’impression que Tarantino sait vraiment ce qu’il fait, qu’il ne met pas uniquement des choses parce que ça fait bien. La violence n’est plus aussi fun, elle répond réellement à une interrogation sur l’Amérique d’après la guerre de Sécession (en particulier sur les « minorités » : les Noirs et les femmes). L’excellente musique signée par Ennio Morricone (je l’écoute déjà en boucle sur Spotify) donne également un véritable souffle au film et pour une fois (à part une ou deux petites exceptions) on a l’impression que Quentin Tarantino a arrêté de faire de se taper des trips tout seul (certes, j’aime beaucoup les bandes-originales de ses films, mais il faut bien avouer qu’on avait parfois l’impression qu’il calait dans ses films ses derniers coups de coeur musicaux). Certains vont évidemment être très réfractaires aux longs dialogues (ce qui est compréhensible encore une fois). Personnellement, encore une fois, je me suis moi-même interrogée sur ces dialogues, peut-être que certains auraient pu plus courts et tout ça mais encore une fois, une fois qu’on a vu l’ensemble, je trouve que ce point en question prend plus de sens. En fait, plus généralement, j’ai trouvé l’écriture vraiment bonne, d’une grande habilité. Je ne suis pas du tout étonnée de savoir le réalisateur souhaitant écrire des romans et des pièces. Il y a quelque chose de très littéraire dans ce film tout en gardant un langage très cinématographique. Le mélange fonctionne véritablement bien, le côté littéraire ne prenant pas le dessus comme cela arrive trop souvent dans des longs-métrages. Mais plus généralement, ce qui m’a véritablement plu, c’est la manière de mélanger les genres. L’hybridité a toujours fait le charme des films de Tarantino et c’est ici encore le cas.
    A priori, Les Huit Salopards se présente comme un western avec un background historique (finalement, bien traité malgré les apparences, ce que j’avais également aimé dans Django Unchained). Mais le film reprend également les codes du genre policier (chaque personnage semble suspect, tout le monde ment et les plus « honnêtes » meurent en premier), renforcé par ce faux huis clos (la porte ne se fermant pas bien, on ne peut pas dire que la seconde partie soit totalement fermée). On pensera évidemment à The Thing (notamment avec la présence de la neige et de Kurt Russell au casting) et surtout au roman d’Agatha Christie, Les Dix Petits Nègres. La première partie peut paraître longue et pourtant elle fait son effet : l’ambiance est pesante voire même carrément étouffante (et c’est pour cela que, pour ma part, je ne me suis pas ennuyée malgré mes interrogations), les personnages se complexifient, on fait attention à chaque petit détail. La seconde partie est une pépite explosive. En dehors de l’effet plus qu’efficace du 70 mm, le film est d’une grande beauté visuelle grâce à des décors magnifiques, mis en avant par une sublime photographie. De plus, il est paradoxalement à la fois lumineux et sombre, comme si cela traduisait toute la tromperie au coeur de cette histoire. Enfin, Les Huit Salopards bénéficie d’un excellent casting. En tête, Samuel L. Jackson est évidemment, comme toujours chez Tarantino (et j’ai envie de dire comme souvent), très bon. Certes, beaucoup diront qu’il fait du Samuel L. Jackson, ce qui n’est pas totalement faux, mais ici disons que ce n’est une remarque négative. Si on aime Jackson, on devrait normalement aimer cette nouvelle interprétation. Pour moi deux acteurs sont particulièrement excellents : Jennifer Jason Leigh et Walton Goggins. La première s’en prend plein la gueule tout le long (qu’on ne me sorte pas que Quentin est misogyne, je vais m’énerver !), ne parle pas forcément beaucoup mais elle arrive à rendre son personnage puissant. J’ai toujours bien apprécié cette actrice mais là elle explose !
    Quant à Goggins (que je connais très mal, en dehors de sa prestation dans Django Unchained, je sais juste qu’il est surtout connu pour les séries Justified et Sons of Anarchy… que je n’ai toujours pas vues, décidément je suis toujours autant à la ramasse), il a un charisme fou (accompagné d’un grand sourire ultra bright, je vous jure, je ne m’en suis pas remise – ne croyez pas non plus que je suis une groupie) ! Après, si j’ai eu un petit coeur pour ces deux interprètes en question, cela ne m’empêche pas d’aimer les autres salopards. J’étais évidemment ravie de revoir deux acteurs purement tarantinesques, Tim Roth (qui s’éclate à caricaturer à fond le bourgeois anglais) et Michael Madsen « fait du Michael Madsen » comme l’a dit Tarantino dans le dernier numéro de Positif (et c’est toujours aussi jouissif). Kurt Russell, Demian Bichir et Bruce Dern sont également impeccables, chacun apportant également un plus au personnage. Après, pour être réellement honnête, même si ce que je vais dire peut paraître paradoxal, même si j’ai eu quelques préférences, au-delà d’avoir trouvé tout le casting vraiment très bon et sans fausse note, je l’ai trouvé très cohérent, personne ne tente de se voler la vedette, au contraire, chacun est mis en avant, les personnages ayant de l’épaisseur. Pour conclure, j’ai vraiment adoré les Huit Salopards même si j’ai parfaitement conscience qu’il ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Je l’aime même de plus en plus et j’ai même déjà envie de le revoir, ce que je n’avais pas forcément ressenti pour son précédent film, Django Unchained, que j’aime pourtant énormément. Je dirais (en tout cas, c’est ma perception sur ce film) qu’il faut « digérer » ce qu’on a vu, prendre du recul, se laisser prendre par l’histoire même s’il y a des longueurs. Je ne sais pas si Les Huit Salopards fait partie de mes Tarantino préférés, je n’ai pas suffisamment de recul pour affirmer une telle chose mais il s’agit pour moi du film le plus mature de sa filmographie.

    Site web:  http://tinalakiller.wordpress.com/2016/01/06/les-huit-salopards/
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